08/06/2017

Lettre ouverte aux candidats aux législatives: réponse des 2 candidats PCF Front de gauche

Réponses de 2 candidats du PCF Front de Gauche

Mme Marie Pierre Vieu et Mr Carrère 

Suite à la parution de notre « Lettre ouverte aux candidats aux législatives » dans les Hautes Pyrénées dans la presse et son envoi par mail ou par la poste, nous avons reçu le 6 juin 2017, la réponse ci-dessous, des candidats précités.

 

Si l’on s’en réfère à l’OMS : « une personne en situation de handicap est une personne qui, du fait d’une incapacité temporaire ou permanente, ne peut franchir une barrière environnementale (architecturale, sociale, économique, voire réglementaire) au même titre que les autres citoyens. »

Une fois que nous avons en tête cette définition,  ce n’est plus aux personnes en situation de handicap à s’intégrer à la société, mais à la société de créer les conditions du vivre ensemble. Une telle ambition implique d’impulser de profonds changements dans la représentation que l’on se fait des personnes en situation de handicap. Car tout commence par le regard. Tout peut changer par le regard, la représentation , et du coup, modifier les comportements.

En effet, au-delà de la discrimination en tant que telle, les personnes en situation de handicap sont parfois l’objet de regards détournés (une personne qui s’adresse à l’accompagnateur plutôt qu’à la personne en fauteuil…), de manque de civilité etc. Il s’agit d’une question de société à part entière au sens où la question des représentations nous touche tous.

Pour y remédier, de manière définitive, il est nécessaire de sortir le handicap de l’isolement. C’est pourquoi, nous pensons nécessaire de l’inscrire dans une politique engageant tous les secteurs de la société.

Vivre comme tout le monde avec tout le monde, choisir librement son mode de vie : voilà ce que revendiquent les personnes en situation de handicap et leurs proches. Des revendications qui impliquent que la société agisse sur l’environnement mais aussi qu’elle mette en place des réponses adaptées et individualisées. Des revendications qui nécessitent que les personnes en situation de handicap aient des moyens d’existence décents  et d’abord des revenus décents d’où notre revendication d’une allocation adultes handicapées à hauteur du SMIC brut. Car soit l’AAH est considéré comme un palliatif, un moyen de survie, soit c’est un véritable revenu individuel d’existence dont  le seuil plancher ne peut être inférieur au SMIC, et fait ainsi de la  personne en situation de handicap, un citoyen à part entière ayant accès aux droits fondamentaux accordés à chacun.

Nous sommes pour l’Adoption d’une nouvelle loi-cadre sur le handicap qui prenne en charge la mise en accessibilité du bâti, l’accompagnement et l’accueil à l’école publique, l’intégration professionnelle et qui prévoie un revenu de remplacement équivalent au SMIC revalorisé pour les personnes qui seraient dans l’incapacité de travailler.

- Nous faisons ce pari parce que nous savons l’énorme travail engagé par le mouvement associatif. Nous savons le dévouement sans limite des animateurs, éducateurs, personnels en général, des différents lieux d’accueils, des personnes en situation de handicap, jeunes et moins jeunes. Sans eux, la France serait encore au moyen âge !

Avec eux et la volonté qui anime de plus en plus de citoyens, d’élus, nous pouvons ensemble rêver d’un avenir meilleur pour les personnes handicapées. Les états des lieux sont fait, il nous faut ensemble passer à l’acte, chacun à notre place en utilisant tous nos pouvoirs. Il s’agit d’une nouvelle conception de la politique en matière de handicap, d’une évolution positive en effet : les personnes handicapées ne veulent pas vivre dans des centres mais vivre dans la ville comme tout le monde !

Cela appelle le besoin de transversalité car le handicap touche tous les domaines de la vie : emploi, logement, formation, travail, éducation, transports, sports, loisirs, culture…A commencer par la question de l’accessibilité qui rejoint celle de la défense des services publics.

- Nous rappelons ici que nous sommes pour l’abrogation des lois Bachelot et Touraine, la suppression de la tarification à l’activité qui a soumis l’acte médical aux lois du marché et pour une réforme du financement.

Dans ce cadre nous revendiquons un moratoire sur les fermetures et démantèlement d’hôpitaux de proximité  avec réduction de personnels et de soins à la clé car ils génèrent plus d’inégalités encore !

- Nous partageons votre exigence de la création d’un fonds public pour l’accessibilité.et nous sommes favorables à des mesures dites sociales qui impacteront plus particulièrement les catégories sociales les plus fragiles et participeront de la lutte contre le chômage, pour une re définition offensive de la notion de risque et de sécurisation des parcours de vie.

- Le 100 % Sécu

- La création d’un service public de l’autonomie pour les personnes âgées, conçu et organisé à partir des services publics et sociaux existants

- La création d’un statut d’autonomie pour les 18/25 ans avec le versement d’une allocation soumise à cotisation retraites.

- L’embauche de personnes en situation de handicap notamment dans le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire et d’un emploi non délocalisable.

C’est dans ce cadre que nous sommes favorables à examiner positivement la création d’un risque autonomie qui financerait l’intégralité des dépenses liées aux aides à l’autonomie.

- Nous lions les remarques que vous faites sur le besoin d’une éducation  inclusive et d’actions d’éducations populaires, au besoin de recentrer les priorités de l’État autour de priorités à plus value sociales, écologiques et citoyennes. L’Education Nationale doit redevenir le 1er budget devant la défense et le remboursement de la dette Quant à la vie associative elle doit mobiliser toute notre énergie car aux avants postes de la lutte contre les replis identitaires et les discriminations, structurante des rapports sociaux et vecteur de laîcité. Parmi nos exigences celle d’un plan national d’action pour préserver l’emploi associatif. ( 14 % de l’emploi du 65)

- Nous sommes partisans d’en finir avec le gel des dotations d’État aux collectivités et de donner aux collectivités les moyens d’impulser des politiques publiques favorisant la mixcité sociale et inter générationnelle : Tarifications sociales et pans de gratuité dans les transports en commun ( sur le territoire du Grand Tarbes cela équivaudrait à 680000 eurso soit 10 % de la taxe transports)/ Mise en place de centres de santé…

- Une chose est sûre, aucune avancée significative ne verra le jour si elle n’est pas construite par les intéressés eux-mêmes et leurs familles.

Tous les acteurs de la société dont et surtout les élus doivent prendre en compte cette réalité et travailler avec toutes les associations, et les personnes handicapées afin de les associer à toutes les prises de décision, à tous les niveaux, municipal, départemental, régional et national. La vie ensemble passe par la démocratie participative et non par la discrimination ! En résumé, non discrimination, égalité des chances, droit commun, égalité de traitement, actions positives et solidarité nationale : autant de principes qui doivent, aujourd’hui et demain, constituer les fondements d’une politique du handicap, dans une dimension européenne et internationale pour atteindre une réelle citoyenneté et la pleine participation sociale des personnes en situation de handicap.

Marie Pierre Vieu

Vincent Ricarrère

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