L'APF France handicap 65 va de l'avant malgré les obstacles

L'accessibilité reste encore trop souvent compliquée./ Photo A.B.

L'accessibilité reste encore trop souvent compliquée./ Photo A.B.

Article issu du journal "La Dépêche du Midi" du 227/10/2019

Si des pas ont été réalisés, il reste encore un long chemin à parcourir vers une société plus inclusive et solidaire. Un constat qu'ont une nouvelle fois tenu à rappeler les représentants de l'APF au cours de l'assemblée départementale annuelle.

Un peu plus d'un an après l'adoption de son projet associatif pour la période 2018 à 2023, le mouvement associatif de défense pour l'égalité des droits et la représentation des personnes en situation de handicap a dressé un premier bilan des actions entreprises.

Concernant la mobilité et l'accès à tout pour tous, premier axe de travail initié avec le collectif Accès 65, la question des déplacements reste préoccupante. «On a été capables de voir la face cachée de la Lune, mais l'on est toujours incapables de mettre totalement en conformité nos espaces publics et les transports collectifs.» L'environnement urbain constitue encore trop souvent un frein à l'inclusion, malgré la prise de conscience des élus et responsables de réseaux. «Le second test, réalisé mi-septembre sur l'accessibilité des transports publics dans l'agglomération tarbaise, a permis de constater qu'il y avait eu une amélioration suite à ce que nous avions fait remonter un an plus tôt aux responsables publics et privés. Mais l'on est loin d'avoir rattrapé le retard. Seulement 17 arrêts sur les 285 du réseau Alezan, présents sur le périmètre du Grand Tarbes, sont réellement accessibles. Si l'accessibilité est une priorité, sa mise en œuvre reste à approfondir. Il reste donc encore beaucoup de travail à entreprendre pour que l'environnement ne constitue plus un handicap au handicap», souligne Odile Le Galliotte, directrice territoriale des actions associatives.

Le collectif reste aussi source de proposition pour les acteurs privés comme publics souhaitant obtenir des réponses ou un diagnostic sur la mise en accessibilité. «Il y a encore trop souvent un manque de communication, mais nous sommes là pour répondre aux interrogations et problématiques.»

L'autre principale difficulté, mise en exergue par l'association, concerne la scolarisation des enfants en situation de handicap et la question des moyens pour une éducation appropriée : «Le nombre d'auxiliaires de vie scolaire est encore insuffisant. Parfois, il n'y en a qu'une pour plusieurs élèves. On se retrouve alors confrontés à des situations dramatiques de déscolarisation ou d'échec scolaire».

L'ensemble des onze structures départementales accueillant enfants ou adultes en situation de handicap ont été invitées à témoigner et à échanger autour de la question «Ce qui manque pour vivre comme tout le monde». «Favoriser le lien permet de rompre l'isolement. Donner la parole est très important, afin de pouvoir mettre des mots sur le ressenti, et essayer de réfléchir ensemble à une société qui reconnaît chacun dans toutes sa ou ses singularités et s'y adapte», souligne Odile Le Galliotte.

L'habitat inclusif, projet moteur pour 2020

En collaboration avec l'Agence régionale de santé, l'APF France Handicap 65 a lancé une réflexion sur l'habitat intermédiaire, à mi-chemin entre la vie en institution et la vie à domicile. «C'est le prochain grand chantier que nous souhaitons mener. Le dispositif d'habitat inclusif à imaginer est un entre-deux qui permettra de concilier le vivre seul et l'hébergement en structure. Il offre l'indépendance et la sécurité nécessaires pour tendre vers une plus grande autonomie, une continuité de la vie sociale et surtout un libre choix du mode de vie.» Une priorité, qui trouve un écho national dans les travaux et débats parlementaires qui entourent le projet de loi mobilités. «Nous restons vigilants et attentifs. Notamment sur la question de la refonte des conditions d'attribution des ressources allouée aux personnes en situation de handicap pour vivre décemment, avec la future création du revenu universel d'existence souhaité par le gouvernement.»

Sur le plan local, le mouvement associatif sera mobilisé durant la campagne pour les élections municipales afin de peser dans les débats locaux. «Nous rappellerons aux acteurs publics leurs engagements et les mettrons face à leur inadéquation avec la réalité de terrain et les problématiques locales. Et au-delà des promesses qui seront formulées par les futurs candidats, nous insisterons pour que des engagements concrets soient pris avant l'issue du scrutin.»

Ioan Bessières

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